Faites du «Lynch Vitrine» aux Galeries LafayetteDu 8 septembre au 3 octobre, vitrines et exposition à l'intérieur
Pour la rentrée, David Lynch célèbre réalisateur américain s'empare des vitrines parisiennes des Galeries Lafayette et révèle ainsi ses multiples compétences artistiques.
Ne vous attendez pas à découvrir la nouvelle robe tendance ou les chaussures à porter cet automne, ici rien n’est à vendre, tout est à observer, admirer, interpréter. Tout au long de différentes fenêtres qui s’ouvrent aux passants, l’artiste américain dévoile et décline une vision sans doute personnelle de la femme dans notre société avec un thème énigmatique : Machines, Abstraction and Women (Machines, abstraction et femmes). Du cinéma à l’art plastiquePour les connaisseurs, vous reconnaitrez son univers étrange et singulier, ce mélange glamour et violent à la fois, présent dans chacune de ses œuvres. On y retrouve par exemple un petit film suggestif et furtif d’une femme en train de s’appliquer du rouge sur les lèvres, dans lequel on peut voir un clin d’œil à Laura Harring dans « Mulholland Drive ». Des femmes en sons et lumièresAutant que la peinture et la sculpture, la musique est à l’honneur. Femme en chanteuse de music hall, dont la silhouette est simplement suggérée d’un coup de craie semblable à celle dessinée sur le sol lors de scènes de crime. Lynch met en avant une robe or et des lèvres rouges qui donnent au modèle l'allure d'une Marilyn version brune. Le tout devant un micro peu conventionnel élancé tel une jambe de danseuse de cabaret. Il nous propose ensuite un mixte de « Breakfast at Tiffany’s » et « Sept ans de réflexion » avec ces deux jambes en robe rose dominant un trafic urbain dissimulé par d’impressionnants gratte-ciels. Un tableau très contrasté entre douceur et violence. D’une part cette femme, sa tenue couleur dragée et ses élégants escarpins crème ; de l’autre cette verticalité des bâtiments renforcée par un brouhaha semblant émané du trafic routier représenté plus bas. Encore une fois l’animation sonore est présente. Interprétez !Vous pourrez aussi vous interroger devant cet évier rempli de vaisselles au dessous d’un œuf qui pleure. Peut-être révèle t-il le foyer délaissé par l’émancipation de la femme ? Ou bien encore, pourquoi cette silhouette dénudée se situe-t-elle en train de voler au dessus d’un paysage en quatre temps parfois vivant parfois mort ? La femme aurait-elle un rôle dans la vie et la mort ? Et si oui celle de qui ? De l’homme, du monde ou même de l’Homme ? Fidèle à lui-même le réalisateur ne fait que suggérer, proposer sans jamais donner de réponses. D’un tableau à l’autre, on semble deviner l’envie de l’artiste de définir la femme. Mais ici encore aucune règle, pas de descriptions écrites, chacun est libre d’y voir ce qu’il veut et peut jusqu’à participer au spectacle en appuyant sur des boutons rouge et bleu pour animer une des vitrines. La rentrée annoncée, toutes les excuses sont toujours bonnes pour éviter les musées et leurs longues expositions qui demandent du temps. Voilà qui tombe bien, idéalement placée au centre de Paris, de surcroit dans un grand magasin, plus rien ne vous retient, courez-y vite !
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Commentaires 5 oct. 2009 22:28
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